Le don d'embryon.
On en parle très peu même sur le net... le sujet sur le don d’embryon reste très tabou, pourtant des centaines d'embryons sont détruits tous les ans parce que des couples ont décidé que leur famille était assez grande et qu'ils en avaient fini avec les FIV. D'autres couples font un choix de vie pour ces embryons et décident de les confier à d'autre couples en participant au programme du don d’embryons qui ont un soucis de stérilité touchant les deux membres. Après l'entrevue chez mon gynécologue et sa super phrase "y'a très peu de chance que ça marche dans votre cas", genre "je serais vous j'arrêterai les frais ma pt'ite dame", j'ai trouvé l'adresse mail d'un responsable du don d'embryon d'un CECOS et lui ai évoqué notre cas. Il y a trois jours j'ai reçu une réponse, disant que nous avions un profil qui correspondait tout à fait à cette option.... Pourquoi pas... C'est différent du donneur, là ce sont des êtres qui existent déjà et qui au lieu d'être détruits pourraient faire notre bonheur... Le CECOS le plus proche est à 250 km de chez nous, où alors se trouve à Paris... Il va falloir en discuter, je ne sais pas de combien est l'attente du don d’embryon, mais c'est certainement très long.. L'infécondité d'un couple peut résulter d'une convergence de troubles physiologiques des deux partenaires. Si le traitement classique de FIV (même avec ICSI) ne se révèle d'aucun secours ou s'il offre trop peu de chances de réussite, on peut envisager le transfert d'un embryon 'tiers' dans l'utérus de la receveuse. Voilà, en générale, de quoi le don d’embryon se sonsiste.
Bien que le transfert d'embryons ne recoure ni au matériel génétique de la receveuse ni à celui du receveur et qu'à ce titre il soit parfois comparé à une adoption (prénatale), il existe une différence fondamentale entre les deux démarches. Le don d'embryons émane d'un couple qui a suivi lui-même un traitement de FIV et qui ne se sépare pas d'un enfant né à terme mais d'un embryon. Le couple receveur vit l'intégralité de la grossesse: la receveuse porte l'embryon en elle et le conduit elle-même à son entier développement. Si tout se déroule bien, l'enfant naît au bout de neuf mois, période durant laquelle l'embryon 'adopté' est progressivement devenu le propre enfant du couple. Aux yeux de l'enfant lui-même, l'évolution est ressentie de la même manière: dès le début, l'histoire de sa vie se confond avec celle de ses parents; il ne saurait donc être question d'un placement après la naissance dans un autre milieu social, géographique ou racial. On peut également faire une distinction sur le plan juridique: à l'opposé d'une adoption, le couple receveur n'a aucune procédure à entreprendre pour que l'enfant soit considéré comme le sien. Le don d'embryon ou adoption embryonnaire est une technique tout à fait réalisable mais encore suspendue à des décisions éthiques. Elle aurait la particularité de mettre chacun des deux géniteurs dans une position analogue par rapport à l'étrangeté des gamètes fournies. Ainsi l'enfant serait «adopté» dès la vie intra-utérine. Pour conclure ce chapitre sur les nouvelles pratiques de procréation, notamment sur le don d’embryons insistons sur deux points: toutes ces techniques ont en commun la mise à l'écart du coït parental dans l'acte fécondant et, par conséquent, la réalisation de ce qui n'était qu'un fantasme: la procréation virginale. Certes, il peut s'agir de couples organiquement stériles désireux d'un enfant ensemble et animés d'un désir sexuel l'un pour l'autre. L'enfant qui viendrait du programme du don d’embryons serait le produit de ce désir et l'acte fécondant, au laboratoire, ne serait qu'une assistance, une suppléance à la stérilité du couple. Mais la dérive est facile. Nombre de demandes des I.A.D. ou de FIVETE émanent de couples sans sexualité, de couples où l'un ou l'autre des partenaires est impuissant ou frigide. On voit alors de quelle responsabilité serait investi le médecin ou le biologiste qui accepterait de tenter la procréation dans le contexte do don d’embryon d'évitement de la sexualité génitale. La pensée freudienne (3) souligne que la civilisation s'édifie par investissement des forces pulsionnelles dans les sublimations et au détriment de la sexualité. En se projetant dans l'avenir, on pourrait faire une caricature futuriste où le palier supplémentaire de l'épuisement des forces pulsionnelles dans la sublimation aboutirait à se passer de l'emploi de la sexualité pour faire des enfants. La technique biomédicale, notamment le don d’embryons rend cela possible.
Comme précisé plus haut sur le don d’emryons, les embryons de donneurs sont issus de couples qui, après avoir suivi un traitement de FIV, ont généré plus d'embryons que nécessaires. Ces embryons surnuméraires sont conservés par congélation en vue d'un éventuel traitement ultérieur ou en vue d'un don d’embryons. Le traitement de la receveuse est identique à celui d'un traitement de FIV lors duquel un embryon décongelé est implanté. En résumé, le traitement consiste soit à stimuler et à encadrer médicalement le cycle spontané de la receveuse, soit à substituer un cycle spontané par un cycle artificiel afin de préparer la receveuse au transfert d'embryons. Les embryons décongelés sont contrôlés juste avant le transfert; seuls ceux qui ont bien supporté la décongélation dont les cellules n'ont pas été endommagées en trop grand nombre sont implantés et auront une chance raisonnable de nidation. L'espérance de réussite d'un don d'embryons est donc d'autant plus grande que la quantité disponible d'embryons surnuméraires est élevée. Après le transfert d'embryon(s), le suivi médical de la receveuse est identique à celui d'un traitement lassique de FIV. Les chances de nidation de l'embryon et d'une grossesse menée à terme sont d'ailleurs à peu près les mêmes dans l'un et l'autre cas.



